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84,5 %

En cette fin d’année scolaire, ce pourcentage pourrait paraître comme le taux de réussite au baccalauréat. Malheureusement, il n’en est rien : fin mars, la dette publique de la France représentait 84,5 % de son PIB.

Peu commenté à cause des rebondissements de l’actualité des derniers jours, ce chiffre est resté discret, surtout au regard de sa réelle portée. Il y a danger. L’emballement de la dette (c’est la formule consacrée) nous guette. En 2010, pour la première fois dans notre histoire récente, la dette a dépassé la barre des 80 % du PIB (82,3 %). Si rien de tangible n’est mis en place, l’engrenage deviendra impossible à maîtriser, avec une dette publique atteignant 90 % du PIB dès 2012, puis 100 % en 2016.

Comme le souligne le rapport de la Cour des Comptes, la stratégie de réduction de la dette publique repose sur « un cumul d’hypothèses très favorables » aussi bien au niveau des recettes fiscales que des maîtrises des dépenses. Les hypothèses très—trop ?—optimistes au niveau des dépenses se voient de toute façon occultées par les chutes de revenu budgétaire équivalentes. Serrer la ceinture à certains pour soulager d’autres : le meilleur exemple étant cette fameuse réduction de la TVA dans la restauration. Selon la Cour ces comptes, cette mesure coûte aussi cher à l’Etat en un an que ce que lui permettraient d’économiser huit années de RGPP ! C’est cette même Révision générale des politiques publiques qui prévoit, entre autres, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Et pour quels résultats ? La Cour des Comptes—encore elle !—ne partage pas les louanges des syndicats de l’hôtellerie et de la restauration.

Pour redresser la barre, il faudra bel et bien en passer par des hausses de prélèvements. Hélas, cette franchise ne semble pas partagée par le gouvernement. Il accuse même le PS de vouloir creuser le déficit alors que nous sommes engagés à allouer 50 % des recettes budgétaires supplémentaires, alimentées notamment par une réduction des niches fiscales, à la réduction des déficits.

Dire la vérité aux Français

Pour faire face, le gouvernement s’est engagé devant les instances européennes à faire descendre le déficit à 3 % en 2013. Belle intention, mais qui représente, une hypothèse très optimiste. Le Parti socialiste, dans un souci de vérité et de réalisme, a déjà fait savoir qu’il négocierait pour repousser à 2014 l’objectif des 3 %.

Au gouvernement, la droite a créé plus de 70 milliards de dépenses fiscales inutiles depuis 2002. A coups de bouclier fiscal, réduction de TVA et autres niches clientélistes, elle a contribué à 40 milliards de pertes fiscales depuis 2007. Ces décisions sont restées sans efficacité économique. Elles sont pour beaucoup injustes socialement. Sur ces 70 milliards, 50 devraient être annulés.
Pour cela, une évaluation de l’utilité sociale et économique de toutes les niches fiscales et sociales devrait être entreprise. Celles qui sont inefficaces ou trop coûteuses doivent être supprimées ou redimensionnées.
L’urgence et la gravité de la situation nous offre aussi l’opportunité de lancer cette « révolution fiscale » qui nous permettra de remettre le système à plat, de lui rendre sa progressivité—synonyme d’équité—mais aussi de le rendre plus simple et compréhensible pour le citoyen.

Arnaud LEROY

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